Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau Potable de la région de Verlin


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Sa qualité

L'eau

Les analyses de l'eau montrent un taux de pesticides supérieur à la norme : il y a 0,12 µg/l (microgramme par litre) de déséthyl-atrazine alors que ce taux ne devrait pas dépasser 0,10 µg/l. La Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales a donc mis le syndicat en demeure de remédier à cet état de fait.
Afin de comprendre le problème, une rapide analyse de la situation est nécessaire :

1.1 - L'atrazine
L'atrazine, de la famille des triazines, a été utilisée massivement en France et dans de nombreux autres pays comme un herbicide d'une grande efficacité pour le désherbage du maïs.
L'atrazine (comme toute la famille des triazines) est à présent reconnue comme à l'origine de pollutions majeures des nappes souterraines et des eaux de surface .

A partir de 1962 la France a largement utilisé l'atrazine en agriculture. L'atrazine est simple d'utilisation et peu coûteuse. Plus économique que le DDT, elle était considérée comme comportant un "risque acceptable" alors que sa nocivité est telle qu'elle est capable de changer le sexe des poissons dans les rivières dans lesquelles elle finit par arriver. Et ce d'autant plus qu'étant l'un des herbicides les moins chers du marché, elle était massivement utilisée pour la culture du maïs, ce qui a favorisé l'ampleur de la pollution de l'eau.

Neuf ans après son interdiction en Allemagne, l'atrazine était encore le pesticide quantitativement le plus présent dans la terre, et ses produits de dégradation (ex : désisopropyl-atrazine, déséthyl-atrazine) sont encore très présents alors que la molécule-mère commence à disparaître .

  • A noter cependant qu'au niveau des acteurs non-agricoles (D.D.E. - S.N.C.F. - Sociétés d'Autoroute, etc.) il est possible de terminer les stocks (qui sont importants). Et ce d'autant plus que lorsqu'il y a sous-traitance du désherbage, le contrôle sur le type de produit n'est pas obligatoire. Il est alors possible de comprendre pourquoi les analyses notent une diminution du taux d'atrazine qui n'est pas aussi importante que l'on pourrait l'espérer.


En France, parmi les pesticides, l'atrazine est le principal polluant des eaux. Pour cette raison, les herbicides contenant de l'atrazine ont été :
- interdits à la commercialisation à partir du 30 septembre 2002,
- interdits à l'utilisation à partir du 30 juin 2003.

En effet, à la date de la décision, il était observé une présence généralisée dans l'eau de traces d'atrazine et de ses produits dérivés : 40 % des prélèvements effectués en eaux de surface et 25 % des prélèvements en eaux souterraines nécessitaient la mise en place d'un traitement de l'eau.

Par ailleurs, l'AFSSA a confirmé l'absence de risques cancérigènes avérés pour l'atrazine, mais elle recommande de ne plus consommer l'eau lorsque la présence d'atrazine et de ses dérivés dépassent des valeurs-seuils situées à respectivement 0,4 microgrammes (µg/l) pour les nourrissons, 0,6 µg/l pour les enfants et 2 µg/l pour les adultes. Or, les réseaux de mesures observaient que ces niveaux étaient atteints dans un nombre croissant de cas.

1.2 - Le déséthyl-atrazine

Le déséthyl-atrazine est un des nombreux dérivés de l'atrazine, une des 200 substances actives de produits phytosanitaires.
Plus toxique que l'atrazine, la valeur-seuil à ne pas dépasser est de 0,1 µg/l.

1.3 - Lutte contre le déséthyl-atrazine

Dans un rapport datant de 2005, l'I.N.R.A. soulève le problème des pesticides et appelle à la réduction de leur usage. Ce rapport précise que l'agriculture raisonnée et les bandes enherbées sensées protéger les parcelles ne servent pas à grand-chose.

  • L'agriculture raisonnée ne cherche pas à supprimer les pesticides ; ce n'est qu'un nouveau vocabulaire pour " verdir " son image ! Pour preuve cette décision du tribunal de première instance des Communautés Européennes en date du 11 juillet 2007 qui annule la directive autorisant le paraquat comme substance phytopharmaceutique. C'est la France qui avait demandé son autorisation en produisant une étude qui ne respectait pas - sciemment - les dispositions procédurales applicables !


" La seule agriculture qui interdise les pesticides de synthèse, c'est l'agriculture biologique " précise le rapport déjà cité de l'I.N.R.A.

Tous les responsables institutionnels qui ont été questionnés sont unanimes : il n'existe aucun moyen de supprimer le déséthyl-atrazine de la terre. Il faut donc mettre en place autre chose.
Au niveau du bassin versant du captage de Verlin, les caractéristiques géologiques du terrain amènent à constater que le déséthyl-atrazine est absorbé par le sol à une profondeur moyenne de 50 centimètres par an. Ce qui permet de prédire qu'elle ne sera disparue dans les eaux de surface que dans au moins 15 à 20 ans, … sous réserve que l'atrazine soit réellement et totalement inutilisée …

1.4 - L'eau du captage de Verlin

Pour éliminer le déséthyl-atrazine présent à la teneur de 0,12 µg/l, plusieurs solutions ont été envisagées lors d'une réunion entre les responsables de la D.D.A.F., de la S.A.U.R. - fermier du S.I.A.E.P. - et le Président du Syndicat.
A / Interconnexion :

  • a / avec le réseau de Charny : très onéreux compte tenu de la création d'une interconnexion d'une distance importante, ce principe n'améliorera en rien l'eau du captage de Verlin, d'autant plus que le captage de Charny rencontre des problèmes identiques à celui de Verlin en ce qui concerne la qualité de l'eau.
  • b / avec le réseau de Saint Julien du Sault : si la qualité de l'eau captée à Saint Julien est meilleure que celle de Verlin, la longueur de l'interconnexion et la nécessité de pompes puissantes pour monter l'eau dans le réservoir de la Huronnerie rendent cette solution beaucoup trop onéreuse.
  • c / avec le réseau de Courtenay : impossible car Courtenay manque d'eau - d'ailleurs, une étude faite par l'entreprise SAFEGE en 2006, avait étudié la possibilité que ce soit Verlin qui vende de l'eau à Courtenay !.

B / Nouvelle ressource :
L'expert hydrogéologue qui a enquêté sur les risques de pollution de la source conseillait de rechercher un nouveau captage. A supposer qu'un nouveau forage soit possible et qu'il fournisse une quantité d'eau suffisante, rien ne laisse présager que la qualité de l'eau obtenue serait supérieure à celle qui est fournie à l'heure actuelle. D'autre part, le prix d'un tel forage (plus de 700 mètres pour traverser l'albien et trouver ( ?) … une autre nappe), celui de l'installation d'une station et le raccordement au réseau actuel est totalement irréaliste.
C /
Unité de traitement de l'eau par charbon actif en grains (CAG) :
C'est la seule solution envisageable légalement et financièrement à l'heure actuelle. Son coût est très élevé même si elle devrait permettre l'élimination des nitrates, de la turbidité et du déséthyl-atrazine.

  • Unité de traitement : environ 300.000 euros
  • Abri pour cette unité : environ 75.000 euros
  • Entretien annuel : 13 à 15.000 euros


L'installation d'une telle unité représente une augmentation d'environ 60 % du prix de l'eau actuel.

Cette situation ne peut qu'entraîner de la part du Président un certain nombre de réflexions dont je tiens à faire part. Je me place en tant que consommateur soucieux des problèmes de préservation de l'environnement et en tant que Président d'un syndicat dont l'objectif essentiel est de fournir la meilleure eau possible au prix le plus bas possible.
Le premier constat est qu'il est impossible de lutter contre les pesticides avant qu'ils ne polluent l'eau.
Il est totalement utopique de penser à les interdire ou, pire, à les rendre inoffensifs. Il faut donc malheureusement se résoudre à intervenir au niveau de l'eau et non pas de la terre.

- Traiter l'eau, cela exige l'installation d'une station coûteuse à la sortie du captage.
- Traiter l'eau par les charbons actifs ne garantit absolument pas que tout pesticide ou dérivé de pesticide soit, dans un avenir relativement proche, totalement éliminé.
- Traiter l'eau par les charbons actifs ou par toute autre méthode n'enlève pas le chlore destiné à rendre l'eau " potable ".
- Enfin, cela signifie traiter TOUTE l'eau qui va être distribuée.

Et là commencent les hérésies :

  • Traiter TOUTE l'eau tirée du captage, cela signifie traiter l'eau que l'on va utiliser dans les toilettes . C'est une hérésie ! Chaque fois que nous tirons la chasse d'eau, nous gaspillons 8 à 9 litres d'eau rendue potable à grands frais. Cette consommation représente 25 % de notre facture.
  • Traiter l'eau que l'on va utiliser dans les machines à laver est une hérésie ! Chaque fois que nous faisons une vaisselle ou une lessive, nous gaspillons 20 à 40 litres d'eau rendue potable à grands frais. Cette consommation représente 20 % de notre facture.
  • Il en est de même pour l'eau des douches et des bains, pour l'eau qui est utilisée aux tâches ménagères, à l'arrosage, au lavage de la voiture … Cette consommation représente 47 % de notre facture.



Cela signifie que l'on traite INUTILEMENT 93 % de l'eau que l'on vend.
Et l'hérésie continue quand on sait que le fait d'utiliser de l'eau pour évacuer nos déchets de toilettes est totalement contraire aux principes chimiques de la décomposition aérobie des matières fécales. C'est-à-dire que lorsque l'on tire la chasse d'eau, on pollue l'eau que l'on vient de traiter et qu'il faudra des quantités encore plus importantes d'eau pour dépolluer l'eau traitée que nous venons de polluer ! C'est à la fois kafkaïen et ubuesque.

Il est indispensable de distinguer une
eau alimentaire et une eau usagère. Nous n'avons besoin que de 4 à 5 litres d'eau alimentaire par jour et par personne pour boire et cuisiner, c'est-à-dire 7 à 8% de notre consommation, le reste étant de l'eau usagère. Mais cette eau alimentaire doit être bio-compatible, c'est-à-dire conforme aux exigences de notre santé et non pas seulement " potable " au sens des textes officiels.

L'eau dite " potable " que nous distribuons à l'heure actuelle est éloignée de l'eau bio-compatible, même si elle ne contient plus de nitrates ou de résidus de pesticides. A lui seul, le chlore devrait suffire à ne pas déclarer cette eau " potable ".

L'Office Parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques de l'Assemblée Nationale a déposé un rapport le 19 mars 2003 dont on peut ressortir les propos suivants, page 127 de ce rapport :

  • " La très grande facilité d'usage du chlore présente quelques inconvénients en donnant notamment une fausse sécurité. Certains gestionnaires d'UDI n'hésitent pas à procéder à un matraquage du chlore, pensant éliminer tout risque. L'augmentation de la chloration depuis le 11 septembre 2001 participe à cette croyance d'une arme quasi absolue. On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien. Outre un effet très désagréable sur le goût qui conduit une part de la population à se détourner de l'eau du robinet, quatre défauts méritent d'être signalés.
  • " o En premier lieu, les crises sanitaires d'origine hydriques ont montré que certaines bactéries, et plus encore certains virus et parasites résistaient au chlore. Le chlore n'est donc pas un système totalement efficace. L'on peut même exprimer des doutes sur son efficacité contre une éventuelle attaque bactériologique sur les réseaux. Le chlore est une protection illusoire dans de nombreux cas.
  • " o En second lieu, le chlore est inefficace dans la phase de transport de l'eau dans le réseau de distribution (850.000 Km de réseaux). Au cours de cette phase, se crée un biofilm qui va abriter et protéger des millions de micro organismes qui de fait vont devenir insensibles à l'action du chlore.
  • " En troisième lieu, les recherches les plus récentes ont montré que le chlore était non seulement peu efficace contre la biomasse dans le réseau mais était même dangereux en donnant aux bactéries une sorte d'accoutumance qui leur permet d'être de moins en moins vulnérables au chlore. Selon les experts, il vaut mieux avoir de fortes doses de chlores de temps en temps qu'un " bruit de fond de chlore " constant qui va réduire l'efficacité des actions désinfectantes ultérieures.
  • " Enfin, des recherches sont en cours pour analyser les effets nocifs des sous-produits de désinfection notamment les trialométhanes formés par réaction du chlore avec des composés organiques présents dans l'eau. Des effets sur le cancer et sur la reproduction humaine sont suspectés. Les risques d'une exposition prolongée ne sont pas connus. Dans ce cas, seul le rôle de signal d'alarme peut-être reconnu, il faut donc prévoir la surveillance du résiduel de chlore. "


Par ailleurs, le Professeur Joseph Orszagh (Mons, Belgique) écrit :

"
D'une manière générale, la plupart des bactéries responsables de maladies infectieuses se développent en milieu neutre ou légèrement basique et réducteur. Tandis que les virus préfèrent les milieux oxydants. La désinfection par le chlore sera donc défavorable aux bactéries, mais créera les conditions électrochimiques favorables au développement viral. L'absorption régulière et prolongée d'une eau désinfectée, avec une activité électronique faible (rH2 élevé) modifie progressivement les propriétés redox du sang et prépare le terrain à toute une série de maladies très graves.
- Le sang d'un individu en parfaite santé a un rH2 de l'ordre de 21.
- Chez une personne qui prépare un cancer, le rH2 se situe au-dessus de 28.
- Le sang d'une personne atteinte de cancer irréversible a un rH2 au-dessus de 32 et un pH légèrement basique. C'est exactement ces valeurs que l'on mesure aussi dans l'eau désinfectée au chlore.
Il est évident que ce n'est pas l'absorption de quelques verres d'eau désinfectée qui va provoquer la maladie. Par contre, la consommation prolongée - pendant des années - d'une telle eau appauvrit l'organisme en électrons et augmente progressivement le rH2 du sang. Des milliers d'observations cliniques montrent qu'il y a une corrélation nette entre la modification du rH2 du sang et l'apparition de certains cancers et la sensibilité aux maladies virales. "

Et toutes les études sont d'accord pour affirmer que

  • ==> seule l'agriculture biologique évitera la pollution par les produits phytosanitaires
  • ==> seule l'osmose inverse permet d'avoir une eau bio-compatible.
  • ==> toute la législation européenne sur l'eau est basée sur un concept erroné, celui qui fait payer les usages de l'eau à la place de la pollution, celui qui fait payer le consommateur et non l'auteur de la pollution.



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